Jean-Paul SARTRE

à Paris, La Rochelle, Le Havre
Le vendredi 29 août 2003.

4e étage, 42 rue Bonaparte à Paris.

"Je veux être l'homme qui sait le plus de choses".
Sartre à Daniel Lagache.

"[Mon beau-père] a été, constamment, le type contre lequel j'écrivais. Toute ma vie."
Simone de Beauvoir citant Sartre. La cérémonie des adieux, Gallimard, 1981.

Voir aussi Jean-Paul SARTRE.

Jean-Paul Sartre, ou comment transformer humiliations et souffrances en création.
Plus grand et sans un oeil de travers, aurait-il écrit ces nouvelles, romans, pièces de théâtre, traités de philosophie, journal intime, scénarios, articles et reportages ? Né le 21 juin 1905 à Paris, il perd son père à quinze mois. Jusqu’à son remariage en 1917, sa mère est un peu sa grande soeur. Pendant ses dix premières années, il est éduqué par son grand-père Charles Schweitzer (oncle d’Albert), dont la bibliothèque possède plus de mille volumes. Suivons ses pérégrinations géographiques :

  Il partage d’abord sa vie entre Thiviers, en Dordogne (la maison familiale est à l’entrée de la rue du Thon), et Meudon et Paris, 1 rue Le Goff, au 6ème étage sur la rue (dans laquelle a aussi séjourné… Freud !).
  De 1917 à 1921, il vit à La Rochelle des années d’humiliation et de révolte - un peu avec les poings, davantage par l’écriture - contre son beau-père et ses camarades.
  Ses succès scolaires le ramènent à Paris, à l’internat du lycée Henri IV, où il se lie avec Paul Nizan, puis de la rue d’Ulm. Il habite aussi la Cité universitaire, où il fait connaissance avec une agrégative de philosophie, Simone de Beauvoir, surnommée le Castor par un camarade commun (beaver signifie castor en anglais).
  Entre 1931 et 1936, il est professeur de philosophie au Havre et habite une chambre bruyante de l’hôtel Printania (dans le triangle de la rue Charles Laffitte). Son verbe et sa simplicité marquent ses élèves. Il écrit, au café ou à la bibliothèque municipale, mais ses premiers espoirs de publication sont déçus. C’est, pendant ces quelques années, sa période "noire".
  Fin 1937, il devient professeur au lycée Pasteur à Neuilly et son premier livre est édité. Il occupe une chambre d’hôtel rue Delambre. La Nausée est publiée en 1938 et Le Mur en 1939, héritages des années noires du Havre.
  Mobilisé en 1939, il est prisonnier de guerre et entreprend la tenue quotidienne d’un journal qui atteindra quelques milliers de pages. Relâché en 1941, il retrouve Paris, entre l’appartement de sa mère, 23 avenue de Lamballe, une chambre du triste hôtel Mistral, derrière la gare du Montparnasse, et le café de Flore. Les débuts de sa gloire littéraire étouffent un peu ses actions de résistance. Il est nommé au lycée Condorcet, où il assure trois demi-journées d’enseignement hebdomadaire.
En 1943, Beauvoir et Sartre logent hôtel de la Louisiane, rue de Seine. Fin juin 1944, il décide de ne plus se consacrer qu’à l’écriture.
  Son beau-père décédé en janvier 1945, il emménage avec un piano et sa mère 42 rue Bonaparte (quatrième étage). Bourreau de travail, il devient "pape de l’existentialisme" [1], de Saint-Germain-des-Prés et des opposants au gaullisme, depuis cet appartement-bureau où sa mère le seconde, et surtout le Castor, cheville ouvrière de l’entreprise sartrienne, critique et soutien permanent (et la plus officielle de ses compagnes).
  Après les attentats de la rue Bonaparte en 1962, il emménage dans un petit studio 222 boulevard Raspail, quittant Saint-Germain-des-Prés pour Montparnasse.
  En 1969, il déménage 29 boulevard Edgar-Quinet (dixième étage, entrée A2), revenant dans le quartier qui l’avait accueilli à son retour du Havre. Sa cécité devient très importante.

Autres demeures de l’auteur

Sartre et le Castor sont aussi des méditerranéens :
  en 1941, pour tenter (vainement) de rallier Gide et Malraux au groupe Socialisme et liberté, ils descendent de Paris en vélo, jusqu’à Porquerolles, où Sartre commence Les Mouches à une terrasse du village, puis Grasse et Cap d’Ail (villa Les Camélias), où ils rencontrent leurs deux confrères,
  en 1951, Sartre achève Le diable et le bon Dieu à Auron,
  ils sont aussi des fidèles de Saint-Tropez (hôtel Aïoli, auberge des Maures, chez Sénéquier, bar de la Ponche,…).

Quelqu’un à contacter ?
Le Groupe d’études sartriennes : ITEM/CNRS 45, rue d’Ulm F-75230 Paris cedex 05 ou s/c Geneviève IDT, présidente du Groupe, 89 boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris.

À voir aux alentours
Les quartiers de Saint-Germain-des-Prés et de Montparnasse pullulent de lieux littéraires, vous le savez bien.

Petite bibliographie
Le Paris de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Jean-Luc Moreau et Bruno Barbey, Editions du Chêne, 261,75 F (39,90 E).
Les Mots. Jean-Paul Sartre, Folio Gallimard.
Mémoires d’une jeune fille rangée, La Force de l’âge et La force des choses. Simone de Beauvoir. Editions Folio-Gallimard.
Sartre. Annie Cohen-Solal. Folio Essais n°353. 980 p.
La côte d’Azur des écrivains. Christian Arthaud, Eric L. Paul, Edisud, 1999.
Les Etudes sartriennes.

[1] Sa conférence sur « L’existentialisme est un humanisme » se déroule le 29 octobre 1945 dans la salle des Centraux, 8 rue Jean Goujon.


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